Vous avez certainement déjà entendu le terme de nuages polaires , nuages mésosphériques , nuages noctiluques ou encore nuages noctulescen...

Vous avez certainement déjà entendu le terme de nuages polaires, nuages mésosphériques, nuages noctiluques ou encore nuages noctulescents (NLC) ? Tous désignent le même phénomène rare, puisque ce sont les nuages les plus hauts qui peuvent exister dans notre atmosphère, et ils sont également les plus mystérieux et imprévisibles.


NLC dans le ciel du Danemark par Adrien Mauduit

Au travers de ce dossier, je vous propose de faire le point sur ce que les scientifiques connaissent des nuages noctiluques et surtout comment partir à leur recherche en les photographiant. Même depuis la France, c'est tout-à-fait possible !

Partie Théorique

Que sont les nuages noctulescents (NLC) ?

Quelle est leur origine ?

Etudier les nuages noctulescents


Partie Pratique (Tutoriel Photo)

Préparer le terrain (choix lieu | choix du matériel ...)

Photographier les nuages noctulescents (réglages généraux | prise du vue | traitement)


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► PARTIE THÉORIQUE

★ Que sont les nuages noctulescents ? ★


Malgré leur dénomination de nuages, les nuages noctulescents sont très différents des nuages que l'on croise communément dans le ciel.
Les nuages noctiluques n'apparaissent qu'à certaines périodes de l'année et sont visibles uniquement depuis les hautes latitudes Nord, une à deux heures après le coucher du soleil ou bien avant son lever.
Ces nuages sont distinguables par leur teinte blanche voire bleutée et par leur structure fine et ondulée, comme la trace de l'écoulement de l'eau sur le sable mouillé.
Nuages noctiluques au-dessus de Paris le 14 juillet 2009 (source)

NLC le 21 juin 2017 depuis le pic du Midi par Pierre-Paul Feyte
Ces "NLC" (en anglais pour NoctiLucent Clouds), comme les désignent les anglophones, sont situés dans une couche de l'atmosphère culminant à plus de 80 km d'altitude, appelée mésosphère. C'est pourquoi on emploie parfois le terme de nuages mésosphèriques.

En France, les nuages noctulescents sont presque aussi rares que le sont les aurores boréales, mais peuvent être observables plus au Sud.
En 2009, un épisode bien brillant fut observé le 14 juillet à Paris.

NLC en juin 2017 depuis la Normandie par Frédéric Delbord
En juillet 2016, les NLC furent visibles depuis le Nord de la France.

Plus récemment encore, en juin 2017, des observateurs situé au Pic du Midi et dans l'orne en Normandie ont photographié ces nuages !


• Pourquoi sont-ils visibles ? •

Ces nuages sont concentrés au-dessus des pôles Nord et Sud et sont composés de très fines particules en suspension, assimilable à de la fumée de cigarette (nous parleront de leur composition plus en détails dans une partie suivante).
Leur faible épaisseur ne permet pas de bloquer la lumière solaire du jour et ils sont donc invisibles lorsque le soleil se situe au-dessus d'eux, c'est-à-dire en pleine journée.
Pour détecter ces nuages, il faut donc attendre que le soleil passe sous l'horizon afin que les rayons lumineux les éclairent par le dessous et en direction de l'espace. Seulement un millième de la lumière provenant du soleil se trouve par conséquent réfléchie par les nuages noctulescents et trahie ainsi leur présence.

A ce moment, lorsque les NLC sont visibles, le soleil se trouve entre 6° et 16° sous l'horizon et ne peut en aucun cas éclairer de la même manière nos nuages communs de basse altitude : cumulus, stratus, cirrus ... Ceux-ci sont situés dans l'ombre, et au contraire des nuages noctiluques qui semblent être phosphorescents, les autres nuages apparaissent tous sombres !

source : http://jotrilide.free.fr/blog/?p=75


• Où et quand observer les nuages noctulescents ? •

Attention, ces nuages ne sont ni observables toute l'année, ni depuis n'importe quel lieu ! Par exemple, il est inutile de les chercher en hiver, et encore moins au zénith.  La bonne réponse est :
En direction du Nord, aux alentours du solstice d'été.

Nous allons voir ensemble pourquoi, avec le raisonnement suivant qui se déduit très simplement :

→ Nous avons vu que les nuages Noctulescents s'étalaient au-dessus du pôle Nord (ou Sud). Il faut donc que vous soyez situé dans une zone d'observation aux abords du pôle Nord (ou Sud) en regardant en direction du Nord (ou Sud).

→ Puisqu'ils sont situés au Nord (ou Sud), le soleil doit se trouver dans cette même direction afin que sa lumière puisse se réfléchir sur les nuages noctulescents. Et à quel moment de l'année le soleil se couche au plus près du Nord ? Au solstice d'été !
Remarque : L'été est la seule période de l'année où l'on peut voir les NLC. Une fois la nuit tombée, le soleil passe sous l'horizon Nord et ne s'enfonce pas très loin en dessous. Ceci explique pourquoi les nuits estivales sont si courtes.

Nombre d'observation de nuages noctulescents en fonction de la latitude Nord (la france se situe en-dessus des 50°)

Les nuages noctulescents peuvent apparaître directement après le coucher du soleil ou plusieurs heures plus tard...

Note importante : Si des nuages noctulescents apparaissent après le coucher du soleil, il est fort probable qu'ils réapparaissent également avant son lever ! 

★ Quelle est l'origine des nuages noctulescents ? ★

Historiquement, la première observation de ces nuages se fit en 1885, par Thomas W. Backhouse, deux ans après la violente éruption du Volcan de l'île Krakatoa. A l'époque, on pensait qu'il existait une corrélation entre ces nuages et l’éjection de fumée du volcan dans les hautes couches de l'atmosphère.
Récemment, Gadsden et Schroder (1989) n'ont révélé aucun lien entre les deux événements et ont expliqué que l'observation tardive des nuages noctiluques en 1885 s'est faite suite à une étude approfondie de l'atmosphère à cause de l'éruption de 1883.

• Composition •

Des mesures dans les années 60 ont permis de montrer que les nuages noctulescents seraient composés majoritairement de cristaux de glace et de poussière d'origine météoritique. En effet, la mésosphère est une couche relativement froide, avoisinant les -100°C et où les conditions de pression sont favorables à la formation de glace.

Evolution de la température en fonction de l'altitude dans l'atmosphère (ici , on s'intéresse aux 80 km)

Remarque : Contrairement à l'interprétation commune, c'est en Été que la mésosphère atteint les températures les plus faibles, favorisant ainsi la solidification de l'eau en glace.

Les particules de météores et autres poussières venues de l'espace se retrouvent prisonnières et encapsulées dans ce agrégat de glace. C'est l'association de ces deux éléments qui forme des particules minces mesurant entre 4 et 10 nm, assez large cependant pour diffuser la lumière solaire, telle la fumée blanche d'une cigarette.

• Une couleur bleue brillante •

Des mesures ont prouvé que les particules responsables de ces nuages mésosphériques diffusent des longueurs d'onde entre 400 et 450 nm (associée à la couleur bleue-violette) et également dans le rouge (à 600 nm, à cause de l'absorption de Chappuis par la couche d'ozone). Ceci explique pourquoi les NLC apparaissent bleutés.
NLC en juillet 2016 dans le Nord de la France par Simon Lericque


• Evolution et Mouvement •

Les nuages noctulescents dont les particules sont soumises au vent de haute altitude évoluent extrêmement vite ! En 1962, le scientifique Witt a estimé leur vitesse entre 70 et 135 mètres par seconde, soit entre 252 et 485 kilomètres par heure !
C'est pourquoi, il faut éviter de faire des poses de plusieurs dizaines de secondes pour les photographier...
Leur aspect de vague témoigne de leurs mouvements furtifs. Ces petites vaguelettes peuvent notamment atteindre entre 2 et 3 km d'amplitude (en hauteur).

• Limites actuelles •

Le lien entre les conditions météorologiques au niveau du sol et l'évolution des nuages noctiluques reste encore un mystère. Certains scientifiques émettent l'hypothèse que l'activité humaine aurait un impact sur l'augmentation de l'intensité des nuages puisque le dioxyde de carbone concentré en basse altitude refroidit davantage les hautes couches de l'atmosphère.

La sonde spatiale AIM a été lancée en 2007 spécifiquement pour les étudier et a permis entres autres de dresser une carte des nuages mésosphériques (lien ici).

★ Etudier les nuages noctulescents ★

N'importe quel observateur averti ou débutant peut participer à une étude collaborative de ces rares nuages.
Il suffit simplement d'alerter le site NLC.net en remplissant un petit formulaire en ligne (c'est le même principe que le témoignage d'un bolide ou météore) : http://ed-co.net/nlcnet/positive-report

Les meilleures données à fournir pour la communauté scientifique restent avant tout les images !
Les images peuvent permettre d'étudier un tas de choses comme :
→ Découvrir de nouvelles structures de nuages noctulescents,
→ Evaluer leur luminosité
→ Mesurer leur position dans le ciel
→ Mesurer leur vitesse de déplacement

Un projet scientifique en collaboration avec des chasseurs de nuages noctulescents a été crée par la NASA : POSSUM.

Adrien Mauduit, un photographe français passionné par le ciel, participe à ce projet en fournissant des vues absolument extraordinaires des nuages noctulescents, dont voici un aperçu :



► PARTIE PRATIQUE - Tutoriel

Puisque que les NLC en France sont presque aussi rares que des aurores boréales, nous ne pouvons pas nous permettre de rater ce gendre de photos, car nous n'aurons pas plusieurs tirs d'essais !

★ Préparer le terrain ★

En reprenant ce qui a été expliqué précédemment, voici une image récapitulant la visibilité des nuages noctulescents. Faites donc en sorte que l'horizon Nord soit bien dégagé et surtout les horizons où le soleil se lève et se couche.



Remarque : L'activité des nuages noctulescents est quasiment imprédictible.

• Matériels •

- Appareil photo équipé d'un mode Manuel
- Objectif au choix : tout dépend de votre envie. Si vous souhaitez capturer l'étendue de ces nuages avec un premier plan assez joli, équipez-vous d'un objectif grand angle (18 mm, 14 mm ...etc). A l'inverse, si vous désirez capturer les détails des structures des NLC, choisissez plutôt un téléobjectif (50 mm, 70-300 mm...etc).
- Un pare buée pour objectif peut-être très utile
- Un filtre polarisant est conseillé également puisque la lumière réfléchie par ces nuages est polarisée...
- Un trépied est indispensable

★ Comment photographier les Nuages Noctulescents ? ★

• La mise au point à l'infini •

Faire la mise au point sur ces nuages peu lumineux reste une opération délicate. Je vous conseille d'utiliser la méthode universelle, c'est-à-dire faire la mise au point sur une étoile brillante du ciel ou un lampadaire éloigné.
Une fois la mise au point réglée, ne plus y toucher.

• Les réglages de l'appareil photo •

Les réglages de votre appareil ne sont pas similaires aux réglages permettant de photographier la voie lactée par exemple, puisque le soleil viendra seulement de se coucher ou sera prêt à se lever. De ce fait, la lueur du crépuscule sera déjà bien présente, et il faudra ne pas monter trop en sensibilité ISO ni en temps d'exposition.
N'hésitez pas à effectuer plusieurs test de paramètres, car chaque situation est différente.

Sensibilité ISO : 
A moins que vous disposiez d'un reflex ayant un très bonne montée en ISO, un bon compromis est de rester entre 200 ISO et 800 ISO , avec éventuellement un maximum à 1600 ISO.

Distance Focale : 
Comme mentionné dans la liste de matériels, choissisez un objectif en fonction de votre besoin : détails en gros plan ou paysage en vue large, vous êtes libre... Sachant que l'idéal est de jongler entre deux plages de focales.

Ouverture : 
Même si une grande ouverture (f/2.8 ou f/1.8) permet de collecter plus de lumière, il est préférable de fermer légèrement votre objectif (f/4 ou f/8), surtout pour les grands-angles afin de gagner en piqué (et contraste) d'image, d'éviter les aberrations de coma ou chromatiques, et ainsi de pouvoir recadrer l'image au traitement logiciel sans la dégrader.

Temps d'exposition : 
Il dépend de votre focale, de votre ouverture et de la luminosité du crépuscule et de la vitesse des nuages noctulescents. Pour obtenir du détails sur les nuages, il faut (et j'insiste bien) prendre en compte leur vitesse ! Alors, préférez un temps de pose de quelques secondes uniquement.

Exemple de réglages :
(Capteur APS-C) : 18 mm, f/4.5, 6 secondes, ISO 400
(Capteur APS-C) : 70 mm, f/5 , 3 secondes, ISO 800

NLC en juillet 2016 dans le Nord de la France par Simon Lericque


• La prise de vue •

N'oubliez pas de shooter en format non compressé (RAW), indispensable pour le traitement.

Deux méthodes de prises de vues sont donc possibles :

- La prise de vue unique : rien de plus simple. Une photo telle que tout le monde la connait.

- Le Time Lapse : série de photos uniques prises à intervalle de temps régulier et séquencées avec un logiciel de traitement pour ressortir une vidéo accélérée. Un time lapse peut se faire avec le logiciel lightroom en utilisant un plugin timelapse.

Astuce : Si vous désirez amener une touche de science à votre séance de prise de vue, arrangez-vous à prendre des photos tous les quarts d'heure. Lorsque vous partagerez vos photos, n'hésitez pas à inscrire l'heure exacte de prise de vue en Temps Universel (UTC). Cela permettra de faire correspondre plusieurs images prises au même moment à travers le monde.


• Le traitement •

Il n'y a pas de traitement prédéfini et unique. Le traitement des images est propre à chacun mais pour des photos de nuages noctulescents, mieux vaut se rapprocher du naturel : éviter un traitement surréaliste et trop prononcé qui ne correspondrait pas à la perception de ces nuages.

A des fins scientifiques, vous pouvez accentuer les couleurs des nuages et éventuellement ajouter du contraste dans les structures. L'appareil photo voit un tas de choses que nos yeux sont incapables de percevoir, il faut profiter de cet avantage !

NLC dans le ciel du Danemark par Adrien Mauduit


★ Conclusion ★

Vous avez toutes les clés en main pour chasser ces nuages noctiluques/noctulescents/polaires.
N'oubliez pas qu'ils sont imprévisibles et partir à leur recherche tout l'été reste la méthode qui marchera au moins une fois !

Bonne chance et n'hésitez pas à partager cet article s'il vous a plu.

Gardez toujours les yeux levés vers le ciel !

Guillaume


Données puisées dans :

La Station Spatiale, en plus d'être l'une des plus grandes collaborations internationales , est le satellite artificiel le plus g...

La Station Spatiale, en plus d'être l'une des plus grandes collaborations internationales, est le satellite artificiel le plus grand jamais construit par l'homme, avec une envergure de la taille d'un terrain de football.
Passage de l'ISS photographié avec un Canon 600D + objectif 18-55 mm + trépied |  20 secondes de pose, ISO 1600
Cette station est très facilement visible à l’œil nu et peut atteindre la luminosité d'une planète telle que Vénus.
Nous allons voir dans ce tutoriel comment la photographier à l'aide de n'importe quel appareil photo disposant d'un mode manuel et d'un trépied standard.


Ce tutoriel s'adresse à tout le monde et en particulier à tous les curieux du ciel et l'espace.
Après l'avoir lu, photographier l'ISS n'aura jamais été aussi accessible !
Alors le compte à rebours est lancé. Embarquons sans plus attendre vers la station orbitale !

Voici le plan interactif de ce tutoriel. Vous êtes bien sûr libre de vous rendre à la partie la plus intéressante.

Partie Théorique

★ Qu'est-ce que la Station Spatiale Internationale (ISS) ?

★ Pourquoi l'ISS est-elle visible depuis la Terre ?


Partie Pratique

★ Les bons outils pour suivre l'ISS 

★ Préparer le terrain (choix du lieu | matériel | installation du matériel)

★ Photographier le passage de la Station (réglages généraux | exemples | prise du vue)


 PARTIE THÉORIQUE

 Qu'est-ce que la Station Spatiale Internationale ? ★


L' ISS, c'est un vaste laboratoire scientifique spatial, continuellement habité par trois astronautes au minimum et d'une dimension de 108 mètres x 73 mètres x 20 mètres. Elle est l'une des structures les plus complexes jamais mises au point par l'Homme.


Le projet de l'ISS fut officiellement adopté en 1995 et sa construction débuta en 1998 lorsque les modules américain et russe Unity et Zarya se rejoignirent depuis l'espace. Bien entendu, la station a été assemblée par morceaux (modules) apportés par des lanceurs américains et russes.

En chiffres, l'ISS c'est 420 tonnes en orbite, évoluant à 27 600 km/h soit environ 7,7 km/s !


★ Pourquoi la Station Spatiale est-elle visible depuis la Terre ? ★


Bien que située entre 330 et 435 km d'altitude, la station peut être aisément observable à l’œil nu depuis la Terre ! Ceci s'explique par ses 2 500 m² de panneaux solaires qui réfléchissent intensément la lumière du soleil tels de puissants miroirs.

Ainsi lorsque l'orientation des panneaux solaires est bien adaptée, il est possible que la réflexion de la lumière solaire soit dirigée vers la Terre, et donc vers nous !

Bien qu'il fasse nuit depuis votre point d'observation, l'ISS ne se trouve pas toujours dans l'ombre de la Terre, et encore moins à 400 km d'altitude. C'est pourquoi elle est régulièrement visible entre une heure et trois heures après le coucher de soleil ou avant le lever du soleil.

Selon les conditions d’éclairement, l'ISS peut être visible de 1 minute lorsqu'elle passe juste au-dessus de l'horizon et jusqu'à plus de 5 minutes lors d'un passage total, c'est-à-dire d'horizon à horizon en passant par le zénith (verticale à 90° par rapport à l'horizon).
La magnitude (ou luminosité) de l'ISS peut varier de 0.0 à -3.5. Plus cette magnitude est négative plus l'ISS brille dans le ciel.  A titre de comparaison, l'étoile la plus brillante du ciel Sirius a une magnitude de -1.


► PARTIE PRATIQUE

 Les bons outils pour suivre la Station Spatiale ★


Il est essentiel avant toute chose de se renseigner sur l'heure précise du passage de l'ISS car elle ne passe pas toujours au même endroit dans le ciel et à la même période.

Voici ci-dessous, une liste non exhaustive des logiciels smartphone et ordinateurs les plus fiables pour prévoir le passage de la station spatiale. Pour chacun d'entre eux, il est nécessaire de rentrer en paramètre votre localisation, afin d'obtenir avec exactitude l'heure et la luminosité du passage de la station.

• Site internet Heavens Above : à consulter ici 


Ce site est sans doute le meilleur service proposé pour suivre avec précision l'ISS. Vous devez dans un premier temps rentrer votre situation géographique (en haut à droite) puis vous disposez d'un accès à de nombreuses prévisions sur les passages de satellites artificiels dont la Station Spatiale bien évidemment.

• Application ISS Detector (Android) : à télécharger ici 





Gratuite et complète, cette application est la meilleure de toutes pour les prévisions des passages de l'ISS. Un "must have" !





• Application ISS Finder (iOS) : à télécharger ici 

L'équivalent de ISS Detector mais pour les produits Apple.

• Logiciel Stellarium : à télécharger ici 

Ce logiciel gratuit très populaire pour les simulations d'éphémérides se révèle également très puissant pour des prévisions précises de l'ISS, notamment sur la position exacte de son passage dans le ciel au cours du temps.


• Application Stellarium Mobile (Android) : à télécharger ici 

Payante, cette version smartphone du logiciel stellarium convient pour suivre l'ISS mais n'est pas aussi fonctionnelle et complète que ISS Detector par exemple. Cependant, pour vous repérer dans le ciel étoilé et visualiser les nébuleuses, galaxies , c'est la meilleure application de ce type.


 Préparer le Terrain ★

• Choix du lieu •

Puisqu'il s'agit de photographie de nuit, il est impératif de s'éloigner de toute source lumineuse artificielle telle que les lampadaires, phares de voiture...etc
Si possible, choisissez un endroit particulièrement noir et dépourvu de pollution lumineuse des villes environnantes. (Si vous vous déplacez, n'oubliez pas de changer le lieu dans les logiciels de prévisions de l'ISS !)

Il est également judicieux de bien décider de votre emplacement pour installer votre trépied car vous n'aurez certainement pas assez de temps lors du passage de l'ISS pour changer d'endroit.

Étudiez donc bien votre lieu d'observation et vérifiez avec les logiciels que le champ de vue est assez dégagé pour voir l'intégralité du passage (arbres, obstacles à proximité...etc)

Pour plus d'informations, reportez-vous à mon tutoriel sur la voie lactée ici.


• Le Matériel •

Voici les quelques outils dont vous avez uniquement besoin :

Un appareil photo numérique équipé d'un mode de réglage manuel (reflex recommandé),
Un objectif grand angle ayant une grande ouverture de diaphragme (typiquement un objectif de base 18-55 mm suffit largement). Ne pas aller au-delà des 80 mm de focales car vous serez limités par le "déplacement des étoiles"...
Un trépied standard pour stabiliser l'appareil photo
Une montre ou un smartphone pour surveiller le passage de l'ISS (voir " Les bons outils pour suivre l'ISS") 

• Installation du matériel et préparatifs •

Installez votre matériel environ 10 minutes voir un quart d'heure avant le rendez-vous avec l'ISS. Cela vous permettra de réfléchir à des idées de composition et de cadrage de vos photos.

Surtout, s'installer en avance vous autorisera à faire des photos tests en jouant avec les paramètres de votre appareil photo. 


Photographier le Passage de la Station ★

On rentre donc dans le vif du sujet ! Les étapes sont classées par ordre chronologique.
 Pour toute question, n'hésitez pas à commenter cette article ou à vous rendre sur la communauté AstroSpace.

• La Mise au Point à l'infini •

L'étape la plus délicate, selon moi, c'est le réglage manuel de la mise au point à l'infini, pour que les étoiles et la station spatiale soient nettes.
Il existe donc deux méthodes

⇒ Utilisation du Live View (visée à l'écran)

1) Activez le mode Manuel de votre appareil photo
2) Réglez le plus long temps de pose possible (~30 secondes) avec une sensibilité très élevée (~3200 ISO)
3) Activez le live view (visée à l'écran)
4) Placez une étoile très lumineuse au centre de l'écran. 
5) Appuyez sur le zoom numérique 5x voire 10x.
6) Jouez avec la bague de mise au point dans un sens puis dans l'autre pour que l'étoile soit la plus ponctuelle possible (c'est-à-dire que l'étoile ait la taille la plus petite)
7) Une fois l'étoile petite et bien nette, ne touchez plus à rien ! (désactivez simplement le live view)

⇒ Utilisation du repère  de l'objectif

Certains objectifs sont dotés d'un cadran de mise au point avec une échelle de distance. Vous pouvez utiliser le repère  (infini) pour faire la mise au point.
Attention cependant pour cette méthode, car la mise au point est variable suivant les conditions de température. Ainsi il se peut que vous ne soyez pas exactement à la bonne distance de mise au point en utilisant ce repère. Je vous conseille de vérifier la mise au point avec la méthode du live view.



• Les Réglages de l'Appareil Photo •

Malheureusement, il n'existe pas de réglage universel, applicable à chaque cas de figure car l'ISS peut traverser le ciel à n'importe quelle heure de la soirée ou de la nuit et les conditions de lumière ne sont pas les mêmes. 
Ainsi, la lumière du crépuscule ou de l'aube peut impacter votre temps de pose ou pire encore, la lune qui peut alors jouer le rôle d'un énorme projecteur !

⇒ Réglages Généraux

D'une manière générale, on peut définir des réglages de base autour desquels vous pouvez vous fier. Cela dit je vous conseille de suivre mes trois exemples développés ci-dessous pour vous donner une idées des réglages à opérer dans différentes conditions de lumière.

- Distance focale maximale
80 mm (grand maximum) | Idéalement entre 14 et 24 mm

- Temps d'exposition
Il dépend de votre focale utilisée. Pour ne pas obtenir des étoiles allongés par le mouvement de la Terre (comme ici), utilisez cette formule qui calcule le temps de pose maximal avant que étoiles ne commencent à s'allonger :
Temps de pose maxi = 600 / focale en mm 
(focale en équivalent capteur plein format 24x36).

- Ouverture (diaphragme)
Pleine ouverture de votre objectif. Pour éviter les aberrations optiques et le vignettage, fermez votre diaphragme à un stop supplémentaire.
Idéalement entre F/1.8 - F/4

- Sensibilité
entre 400 ISO et 3200 ISO


⇒ Exemple 1 : Ciel noir, sans pollution lumineuse et sans Lune
Magnitude ISS : -3.5

Matériel : 
Canon 600D + objectif 18-55 mm
Focale : 18 mm 
Temps d'exposition : 30 secondes
Ouverture : F/3.5
Sensibilité : ISO 3200



⇒ Exemple 2 : Crépuscule (moins d'une heure après le coucher du soleil)
Magnitude ISS : -3.5

Matériel : 
Canon 600D + objectif 18-55 mm
Focale : 18 mm 
Temps d'exposition : 30 secondes
Ouverture : F/3.5
Sensibilité : ISO 100



⇒ Exemple 3 : Ciel noir, Lune quasiment pleine
Magnitude ISS : -0.7

Matériel : 
Canon 600D + objectif 18-55 mm
Focale : 18 mm 
Temps d'exposition : 15 secondes
Ouverture : F/3.5
Sensibilité : ISO 400


• Les Prises de Vue •

Deux méthodes de prises de vue s'offrent à vous :

⇒ Le Time Stacking (ou photographie unique longue pose)

C'est la méthode la plus simple à réaliser, et celle qui ne demande pas l'utilisation de logiciels.
Elle consiste à prendre une photo de la station spatiale en mettant en évidence le trait lumineux de l'ISS.
Vous devez donc effectuer un temps de pose relativement long (30 secondes à 18 mm par exemple).
Entre chaque photo, vous pouvez changer les réglages, le cadrage et changer le trépied de position.

Astuce : N'hésitez pas à déclencher votre appareil un peu avant l'heure de passage prévue par le logiciel. Vous ne voyez peut-être pas encore l'ISS, mais votre capteur photo peut déjà la voir !


⇒ Le Time Lapse (ou l'empilement)
ISS | le 9 avril 2017 | empilement de 10 photos de 15 secondes d'exposition chacune
Cette méthode s'appuie sur le même principe que la photographie circumpolaire (tutoriel ici) : vous allez empiler plusieurs images du passage de l'ISS en utilisant un logiciel.

Pour cela, lors de la prise de vue, le cadrage doit être identique sur chacune de vos photos. Vous devez bien positionner votre trépied ainsi que votre appareil photo et ne plus les bouger une fois la série de photos lancée.
Il vous faudra nécessairement un intervallomètre ou fonction logicielle qui vous permettra de déclencher des séries de photos sans intervalle de temps entre deux photos consécutives (ceci est très important afin d'éviter qu'il y ait un espace régulier entre les traits de l'ISS lors de l'empilement)

Astuce : Pour le time lapse, il est intéressant d'effectuer des poses plus courtes (~5 secondes). Cela vous autorisera à faire une animation gif ou vidéo du mouvement de la Station Spatiale.
Après avoir capturer vos images, il vous faudra les importer dans le logiciel gratuit "StarMax" sous windows (à télécharger ici).
Il est possible d'empiler en utilisant Adobe Photoshop mais je ne développerai ici que la méthode Starmax :

1) Exécutez le logiciel
2) Cliquez sur Files > New list (Standard Explorer)
3) Sélectionnez vos images à empiler puis Ouvrir
Les images se sont importées dans la colonne de gauche
4) Cliquez sur Process (Left Column) > Processing > AddMax
5) Une fois l'empilement terminé, l'explorateur de fichiers s'ouvre et vous propose de sauvegarder le résultat


L'inconvénient de cette méthode est la mise en évidence du mouvement de rotation de la Terre sur les étoiles. Les filés (ou cercles circumpolaires) seront bien visibles.

 Conclusion ★

Vous êtes désormais prêt(e) à photographier la célèbre Station Spatiale Internationale !
Si vous avez trouvé ce tutoriel utile, n'hésitez pas à le partager.

A vos appareils photos ! Prêts, Shootez !

Astronomicalement

Guillaume